Texte préparatoire en vue de la transition éducative pour la COP 21

Collectif Paris éducation 2015

Paris-climat 2015 : Parlons aussi d’éducation

Sans réforme des systèmes éducatifs, les sociétés seront-elles capables d’assumer leurs responsabilités à l’égard des générations futures, de la planète et du climat ?

Résumé

Le défi climatique qui sera au centre des préoccupations planétaires à l’occasion du sommet mondial de Paris cette année doit être l’occasion de se rappeler que l’éducation est le principal agent de changement. Pour répondre aux enjeux climatiques, quelle éducation voulons-nous ?

Depuis le sommet de la terre de Rio en 1992, le débat autour du « développement durable » témoigne de la conviction générale qu’un « avenir meilleur » dépendra des efforts de sensibilisation et de formation de tous les acteurs et de tous les publics. Et cette éducation au développement durable, globale, devra nécessairement promouvoir des valeurs de respect, de solidarité et de justice, se poursuivre tout au long de la vie et s’enraciner sur des territoires divers pour mieux préparer à une citoyenneté mondiale.

Pour agir à la hauteur des changements nécessaires, il faudra lever les obstacles structurels au sein des systèmes éducatifs et consacrer des moyens ad hoc à la transition éducative. Dans ce but, des ministres de l’Education réunis à Paris pour un « thematic day » à l’initiative de Madame la ministre de l’Education Nationale du gouvernement français, à l’occasion de la conférence sur le climat, doivent :

  • reconnaître et affirmer l’importance du rôle des systèmes éducatifs dans la transition vers des sociétés durables
  • décider de construire les mécanismes nécessaires pour accélérer cette transition éducative

La dimension et l’impact universels du défi climatique auxquels nous sommes confrontés en ce XXI° siècle, exigent une coopération intense, une volonté politique et une prise de direction énergique si nous voulons aller de l’avant vers un avenir viable. L’éducation possède le pouvoir de façonner le monde de demain, c’est le principal agent de changement. Aussi est-il nécessaire d’intégrer l’éducation au développement durable dans les systèmes éducatifs à tous les niveaux et dans les négociations climatiques.

Ce texte se voulant à portée internationale, nous employons pour l’ensemble du document les termes Education au Développement Durable (EDD) qui sont ceux repris par l’UNESCO. Ceci évite d’entrer dans les nombreuses nuances d’appellation en débat dans différents pays. Derrière « éducation au développement durable », nous entendons un projet d’éducation globale qui mobilise tous les champs éducatifs : environnement, citoyenneté, santé, relations Nord/Sud, paix…

Un bref historique

En juin 1992, au sommet de la terre de Rio, en suivi du rapport Brundtland «notre avenir à tous», la déclaration sur l’environnement et le développement indique en son vingt unième principe « Il faut mobiliser la créativité, les idéaux et le courage des jeunes du monde entier afin de forger un partenariat mondial, de manière à assurer un développement durable et à garantir à chacun un avenir meilleur ». L’Agenda 21, plan d’action mondial adopté suite à ce sommet pour relever les défis à venir évoque presque dans tous ses chapitres l’importance des programmes de sensibilisation et d’éducation des populations pour les rendre aptes à participer activement aux changements indispensables qu’implique la prise au sérieux d’un avenir humain solidaire de toutes les générations à venir.

En 2002, à Johannesburg le sommet mondial met l’accent sur la place centrale de l’éducation dans l’édification d’un avenir viable. Une « Décennie de l’Education au Développement Durable” portée par l’UNESCO est proclamée.

Dix années pour faire entrer les enfants, les jeunes et les adultes dans une vision renouvelée de l’avenir humain.

Pour la zone Europe, la stratégie est signée à Vilnius en 2005 par 70 pays. Le préambule de ce texte, proclame « L’éducation est non seulement un droit de l’homme, mais également une condition sine qua non du développement durable et un outil indispensable à une bonne gouvernance, à des décisions éclairées et à la promotion de la démocratie ». :

Lors de la Conférence mondiale d’évaluation et du suivi de la décennie 2005-2014 de l’EDD à Nagoya en novembre 2014, les participants, ont rappelé l’urgence de renforcer davantage et de faire changer d’échelle cette éducation globale. Ils ont invité les gouvernements à redoubler d’efforts pour examiner les objectifs et les valeurs qui sous-tendent l’éducation et à renforcer l’intégration de l’EDD dans les politiques éducationnelles et formatives, en partenariat avec tous ceux qui travaillent dans les divers domaines du développement durable. Ils leur ont aussi demandé d’assurer l’éducation, la formation et le développement professionnel des enseignants et autres éducateurs pour intégrer avec succès l’EDD dans l’enseignement et l’apprentissage.

Pour répondre aux enjeux climatiques : quelle éducation voulons nous ?

Aujourd’hui, on peut craindre que l’accord de Paris lors de la COP 21 soit en deçà des objectifs ambitieux de réduction d’émissions de GES nécessaires si l’on veut maintenir en dessous de deux degrés le réchauffement moyen de la planète, objectif que la Communauté internationale avait adopté à Cancun. Au delà des engagements volontaires des États trois leviers fondamentaux : le droit, pour contraindre et contrôler; la fiscalité, pour inciter; et l’éducation, pour convaincre et engager.

Car, à côté des enjeux strictement environnementaux, à côté des engagements absolument nécessaires des États pour permettre de limiter le dérèglement climatique, l’enjeu majeur est, évidemment, la capacité des humains à faire prévaloir la solidarité contre tous les égoïsmes et tous les replis individualistes. Et comment ne pas voir que c’est par l’éducation que nous y parviendrons : éducation à l’environnement et au développement durable, éducation à la citoyenneté mondiale, éducation aux valeurs fondatrices de toute civilisation que sont le respect du monde et des autres, la capacité de faire prévaloir le bien commun, et plus que tout éducation à la responsabilité. Or, le bien commun n’émerge pas spontanément : il faut, pour y accéder, accepter de dépasser narcissisme et égocentrisme, il faut apprendre à voir les autres comme des semblables embarqués dans une même aventure, il faut comprendre que nous sommes profondément liés et que notre destin est, irrémédiablement, lié. Au moment où s’exacerbent certains conflits, une éducation à la paix et à la responsabilité est plus que jamais nécessaire ; elle est un corollaire essentiel au sursaut écologique qui s’impose aussi. Rien ne serait plus dramatique que de rater cette occasion.

Éduquer c’est donc donner la possibilité de faire émerger l’intelligence chez quelqu’un pour l’aider à choisir des valeurs et des comportements qui contribueront au bien commun. Éduquer c’est aussi créer un climat permettant de bien vivre ensemble et de favoriser le développement personnel par une culture collective.

La quête du développement durable est multiforme, l’éducation au développement durable en est une de ses composantes essentielles.

Éduquer aux valeurs

L’EDD s’attache à promouvoir des valeurs : la solidarité et le respect de la dignité et des droits humains de toutes les populations de la Terre, le respect du droit des générations futures, le respect de la diversité culturelle, le respect et la protection des écosystèmes de la Terre.

Elle promeut l’engagement en faveur de plus de justice et d’équité sociale, d’une responsabilité intergénérationnelle et transcendant les frontières nationales, d’une culture de la tolérance, de la non violence et de la paix. Si, à elle seule, l’éducation n’est pas en mesure de permettre l’opérationnalisation de toutes ces valeurs, elle n’en demeure pas moins le pilier central de stratégies propres à les promouvoir. C’est l’éducation qui nous permet, en tant qu’individus et en tant que sociétés, de nous comprendre et de comprendre les autres ainsi que les liens qui nous unissent à notre environnement.

Éduquer à l’école et tout au long de la vie

L’EDD s’adresse à tous, quel que soit le stade de la vie où chacun se trouve. Elle se situe donc dans tous les espaces possibles de l’apprentissage, qu’il soit formel, non formel ou informel, depuis la petite enfance jusqu’à la vie adulte. Les diverses composantes des systèmes éducatifs et les possibilités d’apprendre en dehors de ces systèmes, ont le même objectif : permettre d’adopter des comportements qui favorisent un développement durable au plan personnel et collectif, donner à chacun, jeune et moins jeune, la capacité de prendre des décisions et d’agir afin de résoudre les problèmes qui menacent notre avenir commun, en particulier le dérèglement climatique.

L’EDD, parce qu’elle répond à une quête multiforme, ne peut être sous l’exclusive responsabilité des établissements scolaires. Un partenariat avec la société civile s’impose. Les organisations gouvernementales et non gouvernementales, les associations, le secteur économique, le secteur culturel et les médias,… doivent être partenaires pour promouvoir le développement d’une meilleure information et formation des citoyens à qui on demande de prendre des décisions dont l’impact touchera les générations futures.

Eduquer au sein du territoire

Engager l’école implique à la fois une approche interdisciplinaire, un lien entre acquisition de connaissances et engagement concret dans des projets, un apprentissage vécu de la responsabilité. La formation «par le concret» suppose un enracinement des programmes éducatifs dans un contexte, un territoire, ce qui suppose une co-responsabilité avec les autorités publiques locales, les institutions éducatives, les jeunes et d’autres acteurs locaux (entreprises, services publics, associations, universitaires…) dans sa conception et sa mise en œuvre. Si l’école introduit l’apprentissage, le territoire permet son perfectionnement, son illustration, voire sa mise en œuvre dans le cadre de projets communs avec les partenaires locaux dans et hors temps scolaire.

Il n’y aura pas d’éducation au développement durable en dehors d’une éducation de l’enfant en lien avec et dans son environnement naturel, culturel, économique et social. C’est à ce prix que l’enfant pourra ensuite être en capacité de décontextualiser ses connaissances et compétences et ainsi utiliser, à bon escient, les apprentissages acquis dans un esprit de citoyenneté responsable.

Eduquer à la citoyenneté planétaire

En ce début de troisième millénaire, l’humanité n’a jamais disposé d’autant de ressources matérielles et de richesses humaines. Et pourtant, du Nord au Sud, le déséquilibre mondial est multiforme, le «mal développement» général. Personne ne doute qu’un autre monde soit souhaitable tant celui qui existe est menaçant et menacé. Mais quel monde? Organisé selon quelles lignes de force principales? Obéissant à quel principe central de cohérence? Selon sa sensibilité, sa trajectoire intellectuelle, religieuse ou idéologique propre, sa culture, chacun s’inquiétera et aura envie d’agir. Mais par où commencer? À quoi s’attacher en priorité ? Qui doit et qui peut faire quoi? Et comment permettre une mobilisation en faveur d’une réelle solidarité internationale, pour construire, à terme, des rapports sociaux et économiques équitables et un développement durable pour toute la population mondiale ?

La détermination des priorités et de l’action à mener se fera évidemment en fonction des besoins locaux. Pour apprendre à vivre ensemble dans “le village planète” nous devons être capables de vivre dans nos communautés naturelles d’appartenance. Le terrain d’apprentissage à privilégier est celui sur lequel on peut agir au quotidien, à savoir son propre territoire. Sans la compréhension de son propre territoire et sans la conscience de lui appartenir, il paraît bien illusoire en effet de croire en une capacité d’adhérer à des choix mettant en jeu la planète.

C’est un acte éducatif, politique, ancré sur une valeur partagée : la solidarité entre partenaires décidés à agir ensemble pour la transformation des relations entre tous en regard des réalités climatiques de la planète aujourd’hui.

Eduquer globalement et partout

Il s’agit d’initier à la complexité du réel comme un problème éthique, la comprendre, en saisir les liaisons, les interactions, transformer une interdépendance de fait en une solidarité voulue.

Il existe de par le monde de nombreuses expériences qui font de la nécessité d’une transition vers des sociétés durables un véritable levier pour repenser en profondeur le contenu et les méthodes de l’enseignement et de l’organisation sociale. Elles démontrent le bien fondé de l’action sur le terrain, dans son milieu social, dans la réalité de son territoire, pour lutter contre le sentiment d’impuissance ressenti face aux catastrophes écologiques liées aux dérèglements climatiques.

De nombreux enseignants et formateurs humanistes, par quantité d’approches différentes, transversales, systémiques et participatives, à l’intérieur comme en dehors de l’institution scolaire, promeuvent une formation intégrale du citoyen, capable de mieux comprendre les grands défis planétaires et de s’engager plus activement dans la construction de solutions à long terme.

Avec leurs élèves, leurs collègues, leurs partenaires et au sein d’un projet partagé par la communauté éducative, ils interrogent dans leurs matières respectives mais aussi en interdisciplinarité et jusqu’au sein même de la gestion de l’école, nos modèles de vie fondés sur la consommation et l’insatisfaction permanente de besoins matériels, dans un univers culturel envahi par la publicité, l’obsolescence généralisée, le goût du luxe, du futile, du dangereux et du néfaste pour la santé. Loin des actions ponctuelles qui ne changent rien en profondeur, ils déjouent à longueur d’années, avec leurs étudiants, les pièges de la compétition de tous contre tous à l’échelle de l’école, du pays et du monde, en se questionnant sur le modèle dominant. Celui qui fait de la rentabilité, de la première place à conquérir et du rendement, la seule course qui vaille la peine au détriment de valeurs comme la coopération, la dignité humaine, la solidarité, la diversité, l’autonomie, la responsabilité, l’équité, la justice et la résolution non-violente des conflits. Pour ce faire, ils expérimentent des dispositifs pédagogiques où l’on regarde la réalité en face pour développer des projets, des recherches et des actions tournés vers des alternatives, des pistes de sortie de crise et de renouveau fondées sur le respect de la planète et des générations futures.

Les responsables institutionnels, les directions, les associations de parents et les autres partenaires internes ou externes à l’école, les élèves, les enseignants développent une autre approche des relations inter personnelles par la prise en compte des questions de pouvoir et d’autorité afin que chacun se sente écouté, entendu, reconnu et respecté dans son rôle et sa responsabilité.

Les jeunes qui bénéficient de cette nouvelle forme d’éducation acquièrent ainsi les qualités humaines indispensables pour un futur apaisé et recherchées par le monde du travail : sens des responsabilités, capacité de travailler en équipe, capacité d’initiative, approche globale des problèmes, capacité à mobiliser des connaissances disciplinaires au service d’un projet d’ensemble.

La responsabilité de l’éducateur est de faire comprendre et croire qu’on peut être critique sans être pessimiste et qu’il y a des changements possibles; il doit pouvoir se sentir légitimé, dans chaque pays et chaque territoire, dans son action de prévention et d’accompagnement du changement climatique par l’éducation.

Pour répondre aux enjeux climatiques : comment organiser le changement éducatif ?

Dans le champ de l’éducation, pour agir à la hauteur des transformations nécessaires, entre autre par rapport au dérèglement climatique, la communauté mondiale se doit d’entreprendre un changement d’échelle dans deux directions :

  • d’une part, par la généralisation de l’éducation inclusive et de qualité pour tous, partout où elle fait défaut ;
  • d’autre part, par la transformation des systèmes éducatifs pour placer la durabilité en leur sein, dans leurs pratiques, leurs structures, leurs méthodes et leurs contenus.

Pour ce faire, il y a lieu de :

Lever les obstacles structurels au sein des systèmes éducatifs qui, par leur histoire, leurs structures et leur culture, condamnent la durabilité à rester en périphérie. En effet, par une approche trop étroite des disciplines, des connaissances fragmentées dont les jeunes discernent trop peu les enjeux, la relégation des arts et du corps, la quasi absence de régulation collective des conflits et d’éducation pratique à la vie démocratique, la déconnexion avec le milieu naturel, la rareté d’exemples venant de l’extérieur, nos structures éducatives ne permettent que trop peu les approches systémiques fondées sur le projet et l’expérience.

Consacrer les moyens nécessaires à la transition éducative. Pendant les prochaines décennies, l’économie mondiale continuera à émettre des quantités importantes de GES dans l’atmosphère. La taxation mondiale de l’énergie fossile à la source et la création de quotas territoriaux d’énergie fossile sont les moyens privilégiés d’accélérer la transition écologique, à la fois en augmentant le coût des activités les plus polluantes, et en redistribuant les montants collectés au profit d’actions d’adaptation ou de réduction des émissions, faisant ainsi contribuer le problème à sa propre résolution. Une part de cette taxation doit être dévolue à l’éducation.

Pour répondre aux enjeux climatiques : Quels engagements des politiques éducatives à la COP21 ?

En lien avec l’ensemble de leurs gouvernements, les Ministres de l’Éducation réunis à Paris à l’occasion de la conférence sur le climat doivent :

  • Reconnaître et affirmer l’importance du rôle des systèmes éducatifs dans la transition vers des sociétés durables.
  • Décider de construire les mécanismes nécessaires pour accélérer la transition éducative en lui consacrant une part importante du produit de la taxation et du commerce du carbone.
  • Créer les bases juridiques nationales et internationales pour partager ce revenu généré par les émissions de GES.

Pour ce faire il y a lieu de mettre en place

Des plans nationaux pour l’éducation pour tous et la transition éducative.

Ceux ci comprendront :

  • des dispositifs adaptés au contexte local pour garantir l’accès de tous à une éducation de base où les fondamentaux du 20eme siècle – lire, écrire, compter – sont élargis à ceux du 21eme siècle – vivre ensemble en paix sur une planète unique, fragile et limitée et assumer sa responsabilité vis à vis de la communauté humaine.
  • la transformation des écoles, universités, centres éducatifs non formels en espaces «zéro carbone» grâce à des investissements dans les bâtiments, l’isolation, les énergies renouvelables, les réductions des déchets et des consommations, l’alimentation, la mobilité douce etc, … à l’instar des programmes d’EDD orientés vers l’action (agendas 21 scolaires, Eco-écoles…)
  • une stratégie résolue et à long terme pour lever un à un les obstacles institutionnels et culturels à une généralisation de ces nouvelles modalités d’éducation. Création d’espaces temps pour renforcer le dialogue et le travail interdisciplinaire, les relations avec les partenaires extérieurs : secteur privé et public, associations, entreprises, politiques, universités.
  • garantir une formation initiale et continue de tous les acteurs pour placer la durabilité au centre des systèmes éducatifs et des pratiques dans tous les secteurs et à tous les niveaux.

Un fonds planétaire pour la transition éducative placé sous une gouvernance conjointe Nations-Unies/société civile internationale. Celui-ci s’appuiera sur :

  • de nouveaux mécanismes de solidarité (ou le renforcement de mécanismes existants) pour réaliser les objectifs de l’éducation inclusive et de qualité pour tous dans tous les pays et en particulier les plus fragiles, par redistribution des revenus de la taxe carbone.
  • En lien avec l’UNESCO, la mise en place d’un « Groupe intergouvernemental d’experts sur la transition éducative » (GIETE) dédié, à un recensement et à une synthèse des savoir-faire et des connaissances planétaires sur la transition éducative. Il visera aussi à conseiller les gouvernements en la matière. Il sera constitué des meilleurs talents issus du monde de la recherche. Il rassemblera également des praticiens développeurs d’outils, et de méthodes. Il permettra l’échange de bonnes pratiques non seulement pour la formation des enseignants, mais aussi pour tous les acteurs engagés dans les projets éducatifs.

Cette transformation à grande échelle prendra du temps, impliquera en amont une évolution profonde de la formation des enseignants et autres acteurs. Les ministres et les pouvoir publics ont la responsabilité de conduire ces changements à long terme. Pour ce faire ils s’engagent à créer à Paris une banque internationale des expériences comportant deux pôles complémentaires : les expériences pilotes, les obstacles rencontrés pour leur diffusion et leur changement d’échelle. Par ailleurs, ils prévoient de faire un bilan annuel de leurs avancées et de leurs difficultés.

La Conférence de Paris donne mandat à l’UNFCCC et à l’UNESCO pour co-construire avec tous les acteurs institutionnels et de la société civile, tout au long de l’année 2016, les modalités techniques et juridiques de la mise en œuvre de ces mécanismes de transition éducative en vue de leur adoption lors de la COP22.

Pour conclure

L’objectif de l’EDD est de donner aux citoyens les capacités d’œuvrer pour améliorer leur environnement et les rapports sociaux. Elle se veut être une vision de l’éducation qui cherche l’équilibre entre le bien de l’homme et de l’économie d’une part, les traditions culturelles et le respect des ressources de la planète d’autre part.

Pour réorienter l’éducation dans la perspective de la viabilité, il faut prendre conscience que les cloisons et les catégories traditionnelles ne peuvent plus demeurer isolées les unes des autres et qu’il faut agir de plus en plus à l’interface des disciplines afin d’appréhender la complexité des problèmes du monde d’aujourd’hui, en particulier celui du dérèglement climatique. Cela est vrai à l’intérieur même du domaine de l’éducation, et entre les sphères de l’éducation, du travail et des loisirs, dans la mesure où le concept d’éducation tout au long de la vie apparaît comme l’une des clés du développement du processus éducatif.

Pour aller dans le sens du développement durable, il faut que l’éducation non seulement se poursuive tout au long de la vie mais qu’elle soit aussi multiforme que la vie elle-même, qu’elle soit au service de tous, qu’elle mette à profit tous les domaines de la connaissance, savoirs académiques mais aussi savoirs de terrain, savoirs traditionnels et qu’elle s’efforce d’intégrer l’apprentissage dans toutes les activités principales de la vie.

Débattre, à l’occasion de Paris Climat 2015, des leviers et moyens des transformations des systèmes éducatifs apportera une contribution majeure à l’immense chantier des objectifs de développement durable que les Nations Unies ont réaffirmé l’an passé au sommet de New York sur le climat.

Ils ont déjà signés.